Crédit immobilier · étude · octobre 2026

Court ou long ?

Faut-il emprunter sur la durée la plus courte possible ou la plus longue possible ? La réponse tient en une comparaison : ce que coûte réellement chaque année d'emprunt en plus, face à ce que rapporte l'argent qu'elle libère.

Cas de référence : 250 000 € empruntés sur 15 ou 25 ans, taux moyens d'octobre 20261, assurance à 0,30 % sur capital initial, comme un contrat groupe bancaire11.

Coût réel de l'allongement de 15 à 25 ans
4,7 %

Les années ajoutées coûtent par an, contre 3,75 % affichés. Placé dans un PEA (frais et prélèvements sociaux compris), l'argent libéré doit rapporter plus de brut par an pour que le prêt long gagne.

1 · Mécanique

Ce qui se passe quand on allonge un prêt

Un prêt immobilier à taux fixe se rembourse par mensualités constantes. Chaque mois, on paie les intérêts du capital restant dû, puis on rembourse du capital avec le reste. En France, le taux mensuel est le taux annuel divisé par 12 (méthode proportionnelle)4. Allonger la durée baisse la mensualité, mais le capital reste dû plus longtemps et produit des intérêts plus longtemps.

M= C×t 1−(1+t)−n +A
M
mensualité
C
capital emprunté
t
taux annuel / 12
n
nombre de mois
A
prime d'assurance mensuelle

Les intérêts

Ils sont calculés sur le capital restant dû. Sur un prêt long, ce capital baisse lentement au début, si bien que les premières années servent surtout à payer des intérêts.

L'assurance

Les contrats groupe des banques sont le plus souvent calculés sur le capital initial, les contrats en délégation sur le capital restant dû11. Sur capital initial, la prime est la même jusqu'à la dernière mensualité, même quand il ne reste presque rien à rembourser.

La grille de taux

Les banques prêtent plus cher sur longue durée. En octobre 2026, on trouve en moyenne 3,50 % sur 15 ans, 3,66 % sur 20 ans et 3,75 % sur 25 ans1. Le taux plus élevé s'applique à tout le capital, dès le premier mois.

La bonne question. Un prêt long coûte toujours plus cher au total. Mais il laisse chaque mois de l'argent disponible, et la comparaison doit dire ce que devient cet argent. Passer de 15 à 25 ans revient à recevoir par mois pendant 15 ans, puis à rembourser par mois pendant 10 ans de plus. Ce « prêt caché » a un taux implicite, le coût réel de l'allongement : ici. C'est plus que les 3,75 % affichés, pour deux raisons. Le taux sur 25 ans s'applique à tout le capital, et l'assurance court dix ans de plus.

2 · Les facteurs

Tout ce qui fait pencher la balance

Chaque facteur porte une étiquette : il favorise la durée courte, la durée longue, dépend de votre situation, ou ne départage pas les deux options.

Favorise court

Taux d'intérêt

Plus le taux est élevé, plus chaque année supplémentaire coûte cher. L'écart entre durées compte aussi : +0,25 point entre 15 et 25 ans en octobre 20261, appliqué à la totalité du capital.

Favorise court

Taux d'assurance

En délégation, un non-fumeur paie environ 0,10 % à 25 ans, 0,13 % à 35 ans, 0,24 % à 45 ans et 0,47 % à 55 ans10. Plus l'assurance est chère, plus chaque année ajoutée pèse. Depuis la loi Lemoine, on peut changer d'assurance à tout moment9.

Contrainte

Montant et capacité d'emprunt

Le HCSF limite les charges d'emprunt, assurance comprise, à 35 % du revenu net avant impôt, et la durée d'amortissement à 25 ans (27 ans de durée totale avec un différé, pour le neuf ou l'ancien avec travaux)5,6. Pour un montant donné, la durée courte peut être impossible.

Dépend

Rendement de l'argent libéré

C'est le cœur du débat. Si l'argent libéré rapporte, net de frais et d'impôts, plus que le coût réel de l'allongement, le prêt long gagne. Livret A à 1,7 %12, fonds euros à 2,63 % en 202513 : le prêt long perd. En actions, il peut gagner, au prix du risque.

Dépend

Fiscalité des placements

Depuis 2026, les prélèvements sociaux sont de 18,6 % et la flat tax de 31,4 %. L'assurance-vie reste à 17,2 %14. Dans un PEA de plus de 5 ans, les gains ne supportent que les 18,6 %15. Le Livret A est exonéré.

Favorise long, un peu

Inflation

Les mensualités sont fixes en euros courants, et l'inflation les allège. Elle était de 3,0 % sur un an en septembre 202625, et la Banque de France l'attend (indice harmonisé) à 1,9 % en 2027 puis 1,6 % en 202826. Elle gonfle aussi les rendements nominaux, donc elle ne change pas le gagnant. Elle rend surtout les dernières années plus légères.

Effet indirect

Croissance de l'économie

Le PIB français a progressé de 1,5 % en 2024 et de 0,8 % en 202527, avec 0,4 % attendus en 202626. La croissance ne touche pas votre prêt directement. Elle joue sur les salaires (donc le taux d'effort futur), sur les taux (donc la renégociation) et sur les prix immobiliers, qui sont les mêmes quelle que soit la durée.

Dépend

Apport

Plus d'apport, c'est moins de capital emprunté. Mais un euro d'apport ne rapporte rien ailleurs : c'est le même arbitrage que la durée, avec le même seuil de rentabilité.

Favorise court

Revente anticipée

Les logements anciens revendus en 2021 avaient été détenus 12,2 ans en moyenne (11,3 ans pour les appartements)24. En début de prêt long, le capital restant dû est élevé. Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées à 6 mois d'intérêts et à 3 % du capital restant dû7. Elles ne sont pas dues si la vente suit une mutation professionnelle, un décès ou une perte d'emploi subie8.

Favorise long

Renégociation et rachat

Si les taux baissent, un prêt long laisse plus d'intérêts à économiser en renégociant. S'ils montent, il garde un taux bas plus longtemps. Cette option n'est pas chiffrée ici : elle joue en faveur du long.

Favorise long

Souplesse

Une mensualité basse laisse de la marge en cas de coup dur. Les clauses de modulation permettent le plus souvent de baisser ou de hausser l'échéance de 10 à 30 %23. Avec des remboursements anticipés sans pénalité, on peut raccourcir un prêt long. Rallonger un prêt court est plus difficile.

Favorise court

Discipline d'épargne

Le prêt long ne s'enrichit que si la différence est placée chaque mois, sur toute la durée, sans y toucher. Si elle part en consommation, on a consommé plus tôt, mais moins au total (section 4).

Favorise court

Âge et retraite

Finir avant la retraite évite de rembourser avec des revenus en baisse. L'assurance devient chère avec l'âge10, et la loi Lemoine ne dispense du questionnaire de santé que si le prêt se termine avant 60 ans (et pour 200 000 € assurés au plus)9.

Favorise long

Investissement locatif

En location nue au régime réel, les intérêts et l'assurance emprunteur se déduisent des revenus fonciers17. En micro-foncier, ils sont réputés couverts par l'abattement de 30 %18. En LMNP au réel, les intérêts sont déductibles. Pour une résidence principale, rien n'est déductible.

Imposé

Prêts aidés

La durée du PTZ (10 à 25 ans, avec ou sans différé) est fixée par la tranche de revenus19. Le prêt Action Logement, à 1 %, peut durer jusqu'à 25 ans20. À ces taux, il n'y a aucun intérêt à les rembourser avant le prêt principal.

Neutre

Frais fixes

Le coût de la caution Crédit Logement dépend de la destination, de la nature et du montant de l'opération ; la durée ne fait pas partie des critères22. Les frais de notaire non plus21. Ils ne départagent pas les options.

3 · Cas d'étude

Un ménage, un appartement, trois durées

250 000 € empruntés, revenus nets avant impôt de 5 500 € par mois, assurance à 0,30 % sur capital initial, hypothèse de contrat groupe bancaire (les variantes sont testées en section 6). Taux moyens Pretto d'octobre 2026 : 3,50 % sur 15 ans, 3,66 % sur 20 ans, 3,75 % sur 25 ans1. Survolez les graphiques pour lire les valeurs.

Coût total du crédit

Intérêts et assurance, en euros, selon la durée
IntérêtsAssurance
Le coût total passe de sur 15 ans à sur 25 ans. La mensualité, elle, passe de à . C'est l'argument du camp « le plus court possible ».

Capacité d'emprunt à 35 % d'effort

Montant maximal pour une mensualité de , assurance comprise
CapacitéBesoin : 250 000 €
Sur 15 ans, ce ménage peut emprunter jusqu'à , et le projet passe avec d'effort. Sur 25 ans, il pourrait emprunter . Souvent, la durée sert d'abord à acheter plus grand, et ce n'est plus le même projet.

Capital restant dû

En euros, en fin d'année
15 ans25 ans
Au bout de 12 ans, la durée moyenne de détention24, il reste à rembourser sur le prêt de 15 ans et sur celui de 25 ans.

Placer la différence : qui finit le plus riche ?

Épargne de chaque ménage au bout de 25 ans, quand les deux prêts sont remboursés, selon le rendement de ses placements (PEA, frais et prélèvements sociaux déduits)
Ménage au prêt 15 ansMénage au prêt 25 ans
Les deux ménages ont le même budget, par mois. Celui au prêt 25 ans place par mois pendant 25 ans. Celui au prêt 15 ans ne place rien pendant 15 ans, puis par mois pendant 10 ans. Les courbes se croisent à  : en dessous, le prêt court finit plus riche, au-dessus, c'est le prêt long. À 8 %, c'est contre . Sur un Livret A à 1,7 %, sans frais ni impôt, c'est contre .

Et si on revend avant ?

Avance du 25 ans sur le 15 ans en cas de revente l'année N, indemnités de remboursement comprises
Livret A 1,7 %PEA à 6,67 %PEA à 8 %
Rendements sans aléa ici : 6,67 % est la performance annuelle du MSCI World en euros depuis fin 200028. À 8 % par an, le long ne passe devant qu'à partir de  ans. Sur livret, il ne passe jamais devant.

Taux d'effort dans le temps

Mensualité rapportée aux revenus, avec des revenus en hausse de 2 % par an
15 ans20 ans25 ansPlafond HCSF 35 %
Une hausse de 2 % par an correspond aux salaires prévus par la Banque de France pour 202626. Avec elle, un effort de la première année tombe à la onzième. Un prêt court est surtout dur au début, quand l'avenir est le plus incertain.
4 · L'argument du prêt long

« Avec un prêt long, on a plus d'argent à soi, et on peut le placer »

L'argument contient deux promesses : un meilleur niveau de vie, et un placement qui rapporte, ici 8 % par an. On les teste séparément, parce qu'un même euro ne peut pas être à la fois dépensé et placé.

8 % par an, c'est réaliste ?

C'est cohérent avec l'historique des actions, mais pas garanti. Le MSCI World a rapporté 9,02 % par an depuis fin 1987 (en dollars, dividendes réinvestis)29, mais 6,67 % par an en euros depuis fin 200028. Sur 1900-2025, les actions des pays développés ont rapporté 8,5 % par an en dollars30. Avec une volatilité annuelle de 13 à 15 %28,29, il a fallu, dans le pire cas, au moins 13 ans pour qu'un placement en actions mondiales redevienne positif32, et l'indice japonais a mis 34 ans à retrouver son record de 198933. On retient donc 8 % comme hypothèse centrale, avec une volatilité de 15 % et des frais de 0,38 % par an, ceux d'un ETF MSCI World éligible au PEA34.

Promesse 1 : le niveau de vie

Argent disponible chaque mois après la mensualité, à budget logement égal ()
Prêt 15 ansPrêt 25 ans
Le prêt long donne de plus par mois pendant 15 ans. Ensuite, le prêt court donne par mois, contre . Sur 25 ans, le prêt court laisse à dépenser et le long . En euros d'aujourd'hui (inflation de 2 %), c'est contre . Le niveau de vie est meilleur plus tôt, mais moins élevé au total. On emprunte à son futur soi au taux de .

Promesse 2 : placer à 8 %

Patrimoine financier net de chaque ménage (placements nets d'impôt latent, moins capital restant dû), dans un PEA, à 8 % par an sans aléa
Prêt 15 ansPrêt 25 ans
Avec 8 % garantis, le prêt long est plus rentable : après 25 ans, le ménage à 25 ans a de plus, après frais et prélèvements sociaux. Le ménage à 15 ans place plus, mais plus tard, et ses versements ont dix ans de moins pour fructifier.

Mais 8 % n'est qu'une moyenne

Avance du 25 ans après 25 ans, sur 4 000 marchés simulés (8 % par an en médiane, volatilité 15 %)
Le long gagneLe court gagne
Le prêt long gagne dans des cas. Dans 1 cas sur 10, il perd plus de . Dans 1 cas sur 10, il gagne plus de . La médiane est de . Les deux ménages subissent exactement les mêmes marchés.

Et à condition de ne pas revendre

Probabilité que le prêt long soit devant si l'on revend l'année N (mêmes 4 000 marchés)
8 % médian6,67 % médian
Si l'on revend au bout de 8 ans, c'est presque pile ou face (). Avec le rendement du MSCI World en euros depuis 2000, le long ne gagne que dans des cas après 25 ans.

Verdict sur l'argument

Il est juste sur le principe et sur l'espérance. Si l'on place vraiment la différence en actions, sur toute la durée, l'histoire donne plus souvent raison au prêt long. Trois limites l'empêchent d'être une règle générale :

  1. On ne peut pas avoir les deux promesses. Chaque euro dépensé pour le niveau de vie n'est pas placé. Dépensée, la différence coûte par an.
  2. Le gain est un pari. C'est un emprunt à environ pour acheter des actions. Il est perdant dans des marchés simulés, et c'est quasiment pile ou face sur 8 ans.
  3. Il faut tenir 25 ans sans toucher au placement, y compris pendant les krachs, puisque les pertes maximales du MSCI World ont dépassé 50 %28,29.
5 · Simulateur

Votre cas, curseur par curseur

Les deux prêts sont comparés à budget mensuel égal. Le ménage qui paie la mensualité la plus basse place la différence. L'autre place tout son budget une fois son prêt soldé. On compare les patrimoines financiers nets à la date choisie. Le bien est le même dans les deux cas. La méthode est détaillée en section 6.

Projet
Du foyer, par mois (base du calcul HCSF)
Les deux prêts
Quand la durée change, le taux se cale sur la grille Pretto d'octobre 2026 (15, 20, 25 ans), prolongée en ligne droite au-delà. Ajustez-le à votre offre.
Taux annuel pour 100 % du capital assuré
Placements
Médiane sur la période, avant frais et impôts
0 pour un placement sans risque. Actions mondiales : 13 à 15 %
Économie et vie
Sert à exprimer les résultats en euros d'aujourd'hui
Tout à droite : pas de revente avant la fin du prêt long
Sauvegarde

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Rendement brut minimal

Au-dessus, le prêt long gagne. Coût réel de l'allongement : .

Qui mène, année après année

Avance du prêt long sur le prêt court si l'on revend en fin d'année N (patrimoine financier net, euros courants)
Médiane8 marchés sur 10

Argent disponible chaque mois

Budget commun moins la mensualité
CourtLong

Taux d'effort

Mensualité rapportée aux revenus de l'année
CourtLong35 %
6 · Méthodologie

Comment les chiffres sont calculés

Tous les nombres de cette page sortent d'un même moteur de calcul, exécuté dans votre navigateur. Les textes et les graphiques ne peuvent donc pas se contredire. Voici chaque choix de méthode, sa justification, et ce qui changerait si on en faisait un autre.

Le prêt

  • Taux fixe, mensualités constantes, taux mensuel proportionnel (taux annuel / 12), la pratique française4.
  • Assurance au taux annuel indiqué, pour 100 % du capital, sur capital initial (prime fixe) ou sur capital restant dû (prime dégressive).
  • Indemnités de remboursement anticipé au plafond légal : le plus petit de 6 mois d'intérêts et de 3 % du capital restant dû7. On peut les désactiver dans le simulateur (cas d'exonération légale8 ou clause négociée).

La comparaison à budget égal

  • Les deux ménages consacrent chaque mois le même budget au logement : la plus élevée des deux mensualités. La part non absorbée par la mensualité est placée, à la fin de chaque mois.
  • On compare à une même date les patrimoines financiers nets : placements, moins l'impôt qui serait dû en les vendant, moins le capital restant dû, moins les indemnités en cas de revente. Le logement, sa valeur, la taxe foncière et les frais d'achat sont identiques des deux côtés et s'annulent.
  • Cette comparaison revient à calculer le taux de rendement interne de l'écart de flux entre les deux prêts. C'est le « coût réel de l'allongement ».

Dépenser ou placer ne change pas le gagnant

Si les deux ménages placent la même part de leur argent disponible (100 %, 50 % ou 10 %), l'écart final est multiplié par cette part, mais son signe ne change pas. Ce qui compte, c'est le rendement comparé au coût de l'allongement. Ce qui est dépensé ne s'évalue pas en patrimoine. Le graphique « niveau de vie » montre ce flux à part.

Les placements

  • Rendement brut, diminué des frais annuels, capitalisé chaque mois.
  • L'impôt est prélevé sur la plus-value latente à la date de comparaison, au taux de l'enveloppe : 18,6 % pour un PEA de plus de 5 ans15, 17,2 % en assurance-vie et 31,4 % en compte-titres14, 0 % sur Livret A. Les deux ménages sont imposés de la même façon.
  • Plafond du PEA : 150 000 € de versements par personne, donc 300 000 € pour un couple16. Dans le cas de référence, les versements atteignent au plus , ce qui demande les deux PEA d'un couple.

Le risque

  • Simulation de Monte-Carlo : rendements mensuels log-normaux, avec un rendement annualisé médian égal au rendement saisi et la volatilité choisie. Les deux ménages traversent les mêmes marchés.
  • Générateur aléatoire à graine fixe : les mêmes réglages donnent toujours les mêmes résultats.
  • Limite : la loi log-normale sous-estime les krachs extrêmes, qui pénalisent surtout le ménage le plus investi au mauvais moment.

Ce qui n'est pas modélisé

  • La renégociation et le rachat de crédit, une option qui favorise le prêt long.
  • Le risque de perte d'emploi ou de baisse de revenus, qui favorise la mensualité basse.
  • Les variations de taux d'un prêt à l'autre selon le profil : réglez-les dans le simulateur.
  • Les anciens PEA ouverts avant 2018, dont une partie des gains garde les taux sociaux historiques.
  • Un retrait du PEA avant 5 ans, taxé à 31,4 % et qui clôture le plan15.

Test de robustesse

Le cas de référence (250 000 €, 15 contre 25 ans, PEA à 8 % avec 15 % de volatilité) est recalculé en changeant une hypothèse à la fois. Si un lecteur conteste un choix, sa variante est probablement dans ce tableau.

VarianteCoût de l'allongementSeuil brut en PEAÉcart, 8 % sans aléaLong gagnant (simul.)
Calcul en cours…

Écart et probabilité après 25 ans, sauf pour la ligne « revente », évaluée à 12 ans. Écart positif si le prêt long finit devant, en euros courants. Les taux Crédit Logement (août 2026) viennent des prêts effectivement accordés2. Ceux de CAFPI sont des taux négociés par un courtier au 1er octobre3.

7 · Conclusion

Le court par défaut, le long pour qui investit vraiment

Les deux camps ont un argument juste. Le camp « court » a raison sur le coût : allonger revient à emprunter environ à son futur soi. Le camp « long » a raison sur l'espérance : des actions à 8 % rapportent plus que ce coût, la plupart du temps. Le désaccord porte donc sur une seule question : que devient l'argent libéré ?

Le court gagne si…

…l'argent libéré irait sur un livret, un fonds euros, ou serait dépensé. Il gagne aussi si vous risquez de revendre dans les 10 ans, si votre assurance est chère, ou si le prêt long déborde sur la retraite.

Le long gagne si…

…vous placez réellement chaque mois la différence en actions (PEA), pendant toute la durée du prêt, sans vendre pendant les krachs. Avec 8 % par an, il gagne dans des marchés simulés. Il gagne aussi en investissement locatif, où les intérêts se déduisent, ou quand c'est la seule durée qui rend l'achat possible.

Le compromis

Prendre une durée intermédiaire, négocier une clause de modulation et des remboursements anticipés sans pénalité, et raccourcir quand les revenus montent. On garde la souplesse du long et on décide plus tard, avec plus d'informations.

En pratique

  1. Fixez le montant, et gardez une épargne de précaution intacte.
  2. Prenez la durée la plus courte qui garde un taux d'effort confortable, plutôt 30 à 33 % que 35 %.
  3. N'allongez pour « placer la différence » que si vous investissez déjà en actions, avec un horizon d'au moins 15 ans, et un virement programmé le jour de la mensualité.
  4. Faites jouer la concurrence sur l'assurance. Sur capital initial, elle se paie chaque année ajoutée sur la totalité du prêt.
  5. Négociez la modulation et l'absence d'indemnités de remboursement anticipé. C'est ce qui permet de corriger le choix plus tard.

En résumé : le « plus court possible » est la bonne réponse par défaut. Le « plus long possible » est la bonne réponse pour celui qui place vraiment la différence en actions pendant 25 ans et accepte de perdre environ 1 fois sur 4. Avoir à la fois « plus de sous à soi » et « tout placer », en revanche, c'est impossible.